Takashi Murakami s’expose à la galerie Perrotin

© 2016 Takashi Murakami/Kaikai Kiki Co., Ltd. All Rights Reserved. 

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Jusqu’au 23 décembre 2016, la galerie Perrotin à paris consacre ses espaces à la présentation de l’exposition Learning the magic of painting de l’artiste japonais Takashi Murakami. Dans ce cadre, ce sont plus de 40 œuvres récentes et jusqu’ici jamais exposées que le visiteur découvrira.

L’occasion aussi de redécouvrir certaines œuvres présentées lors de la rétrospective majeure de Murakami “The 500 Arhats” qui s’est tenue au Mori Art Museum à Tokyo, et notamment une peinture monumentale composée de plusieurs panneaux intitulée “A Picture of Lives Wriggling in the Forest at the Deep End of the Universe” conçue comme une anthologie des thèmes emblématiques de la cosmologie de Murakami.

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Un exposition qui résonne comme un véritable hommage à la tradition japonaise, un retour à une pratique minimale sans entrave, le fruit d’un cheminement artistique et spirituel complexe qui s’inspire du pop art d’Andy Warhol à la sauce Kawaï.

« Depuis que j’ai commencé à étudier la peinture, à l’âge de 19 ans jusqu’à aujourd’hui, à l’âge de 54 ans, j’ai appris et je suis toujours en train d’apprendre la magie de la peinture. Le processus d’élaboration d’une peinture est initié par une intention. Une peinture commence tend à devenir une peinture au moment où elle transcende l’intention. Une peinture n’est plus une peinture une fois qu’elle devient une peinture. Son essence est véritablement magique et insaisissable. Et pourtant, quand nous nous tenons physiquement devant cette peinture parmi d’autres peintures, nous comprenons que c’est une vraie peinture. Un génie peut facilement atteindre cet état. J’ai humblement et respectueusement étudié les recettes magiques de peintures que quelques génies nous ont laissées. Elles sont vraiment remarquables, ces recettes magiques. Mais les différents facteurs qui caractérisent les vies de tels génies, de leur lieu d’origine à l’époque où ils ont vécu et à leur statut social, sont tellement différents des miens que je suis incapable d’appliquer immédiatement de telles recettes moi-même. J’ai tenté d’incorporer certaines des recettes magiques dans mon cerveau, mais elles ne sont pas compatibles; en réalité, parfois elles provoquaient des réactions de rejets. L’étincelle d’une idée qui m’amènerait à la magie n’arrive jamais. C’est pourquoi, jour après jour, je poursuis avec assiduité mon apprentissage et peins le produit de cet apprentissage. Cependant quand je regarde en arrière, je réalise qu’il reste une trace de mes propres formules magiques même dans mes annotations picturales d’il y a une vingtaine d’années, celles laissées lors de ces efforts si terriblement laborieux, bien qu’assez difficiles à comprendre – étant si empreintes de pitié sur mon sort et extrêmement déformées- à la différence de celles des génies du passé. Si je rassemblais chacune de ces notes aujourd’hui, elles pourraient constituer une partie d’un cercle magique; un peu de magie pourrait même émerger. Non, peut-être que cela s’avérera être simplement une tragédie provoquée par ma méprise. Cependant, cela me donnera l’espoir pour continuer de vivre. En continuant d’apprendre et de peindre le fruit de cet apprentissage jour après jour afin de ne laisser ne serait-ce que la plus infime des traces, mon espoir de vivre ma vie probablement tragique, la recette pour mon cercle magique de peinture, s’accumule. Jusqu’au moment où mon corps s’éteindra, dans un futur proche, j’espère continuer à parfaire mon cercle magique qui peut convoquer la magie, à comprendre l’essence de la magie de la peinture, et essayer d’achever la recette pour générer la magie de la peinture. Les oeuvres de cette exposition sont ainsi également les réminiscences de ce que j’ai appris au long de mon parcours d’apprentissage. A ma façon, j’ai poursuivi mon chemin en toute sincérité, pourtant je suis toujours loin d’arriver à l’essence de la magie telle que je la conçois. Mais je crois que chacune des oeuvres contient quelques fragments de l’essence – même si elles se révèlent être des tragédies! De toute façon, je fais le choix de le croire. Est-ce que je réussirai vraiment à créer le cercle magique qui peut convoquer la magie, ou est-ce que tout n’est qu’une méprise, et je suis tout simplement en train de vivre une vie tragique? Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, comme je le fais depuis toujours, j’apprends la magie de la peinture. »
Takashi Murakami

© 2016 Takashi Murakami/Kaikai Kiki Co., Ltd. All Rights Reserved. 

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L’exposition Learning the magic of painting de Takashi Murakami est ouverte jusqu’au 23 décembre 2016 à la galerie Perrotin, 76 rue de Turenne, Paris.

 

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